Manifestation interdite : « des actes irréparables pourraient être commis »

Interview dans le Parisien du 21 juin 2016 – Propos recueillis par Jannick Alimi

LE FAIT DU JOUR. Le bras de fer continue entre les syndicats, qui veulent manifester jeudi, et le gouvernement, qui menace d’interdire les défilés à cause de la violence des casseurs. L’opinion de Christophe Caresche, député socialiste de Paris.

Le député PSdu XVIIIe arrondissement de Paris Christophe Caresche, proche de Manuel Valls, estime que l’escalade de la violence justifie une interdiction de manifester.

Vous comprendriez que le gouvernement interdise la manifestation de jeudi ?

CHRISTOPHE CARESCHE. Dès lors que le gouvernement n’a pas les garanties suffisantes que les organisateurs de la manifestation soient en mesure de maîtriser tout débordement et d’empêcher les violences, alors, oui, l’interdiction serait légitime. Je trouve cela regrettable car la liberté de manifester est un droit fondamental qu’il ne faut pas restreindre. Sauf si ce droit se heurte à un autre principe lui aussi fondamental qui est l’ordre public. Or, les casseurs, qui étaient quelque 800 jeudi, sont de plus en plus nombreux, de mieux en mieux organisés et de plus en plus armés. On assiste à une escalade dans la violence qui pourrait être synonyme — si le gouvernement ne se décidait pas à interdire ce type de manifestation — de liberté de casser, voire de tuer.

Le gouvernement aurait-il dû réagir plus tôt ?

Malgré l’état d’urgence, les menaces terroristes et les violences des hooligans, le gouvernement a fait preuve d’une grande compréhension. Mais la manifestation de la semaine dernière montre que des actes irréparables pourraient être commis et, ce jour-là, c’est le gouvernement qui sera considéré comme responsable. Les forces de sécurité se trouvent face à un véritable phénomène de guérilla urbaine. Le danger est réel.

Les organisateurs sont-ils responsables des violences ?

Je ne dis pas que les syndicats organisateurs ont encouragé les casseurs. Cependant, il est clair que les discours ambigus voire nauséabonds de la CGT — certains tracts contre la police, par exemple — ont pu légitimer la violence de certains de ses adhérents. Tant que les organisateurs ne tiendront pas de discours clairs contre toute violence et qu’ils n’assumeront pas leurs responsabilités dans la maîtrise des cortèges, alors le gouvernement sera en droit d’interdire ces manifestations.

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